SEXE ! Maintenant que j’ai votre attention : Snuff, de Chuck Palahniuk

  Après la critique de Rant, il est à nouveau temps de se pencher sur l’œuvre très « autre » de Monsieur Palahniuk, auteur controversé porté sur la misère, le bizarre et la saponification de la graisse humaine. Après s’être frotté aux combats de rue et aux agents immobiliers, il s’attaque à un autre milieu marginal : le monde de la pornographie. Il nous en offre une vision vomitive et ultra-documentée, en parallèle d’une exploration de l’histoire du cinéma et du star system traditionnels. Le sujet dans une serviette hygiénique : quatre personnages racontent de leur propre point de vue l’attente dans les coulisses du plus gros gang bang, ou hot dog à saucisses multiples, de l’histoire. Et dans le tas, quelqu’un pourrait bien vouloir la mort de l’actrice vedette. Hitchcock n’aurait pas osé, et son nom s’y prêtait pourtant.

Comme dirait Mai Lan: "Prêts pour la tournante."

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Robert E. Howard au cinéma: des torses huilés et des seins nus

Lorsque le profane est interrogé sur les auteurs fondateurs du genre Fantasy, la réponse la plus courante est évidemment J.R.R Tolkien et son Seigneur des Anneaux. Des années avant la sortie des films (y compris la version animée de Ralph Bakshi en 1978), la trilogie s’était imposée comme un classique de la littérature, et si les masses ne connaissaient pas forcément l’intrigue, le nom leur était familier. Les concepts d’orcs mangeurs d’hommes, de nains caractériels et d’elfes trop bons pour notre pauvre monde s’étaient infiltrés dans la pop culture, armant des hordes de futurs geeks pour la découverte d’un genre qui s’affirma vite comme bien plus que l’enfant bâtard de la science-fiction. Aujourd’hui, après une entreprise pharaonique ayant engendré trois films au succès galactique, même le plus vulgaire béotien connaît la Terre du Milieu comme sa poche, et les principaux protagonistes de l’épopée. Pourtant, il existe encore un personnage plus célèbre qu’Aragorn, fils d’Arathorn; un guerrier dont les origines et le créateur sont souvent oubliés, mais dont le nom évoque des souvenirs de tous les médias existant à ce jour: Conan! Conan le Cimmérien, les cheveux noirs, l’œil maussade, l’épée à la main, un voleur, un pillard, un tueur, aux gigantesques mélancolies et aux gigantesques joies, venu pour fouler de ses sandales les trônes sertis de joyaux de la Terre.

Quelque chose comme ça.

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Rant: An Oral Biography of Buster Casey

Chuck Palahniuk a accompli ce que tous les écrivains débutants rêvent d’accomplir: il a écrit un livre culte, balayé la concurrence et rallié à lui une horde de lecteurs fanatiques. D’un coup d’un seul, il a su s’imposer comme l’un des jeunes auteurs phares de la littérature américaine. Une bénédiction pour ceux qui apprécient son travail, un signe de décadence intellectuelle pour ceux qui le méprisent. Ce livre était le brûlot Fight Club, que l’adaptation au cinéma par David Fincher acheva de faire entrer dans la culture populaire. Ayant lu et adoré le livre avant même d’avoir vu le film, ce qui ne cessait de surprendre ceux qui me connaissaient et me le recommandaient, je me jetai sur ce Rant dès que je le vis en librairie. Si j’étais bien préparé au mauvais goût assumé et à la bizarrerie ambiante, la fascination pour les marginaux et les freaks étant l’une des marques de fabrique de Palahniuk, j’étais néanmoins pris de court par la forme choisie. Comme l’indique son intitulé original, Peste de son titre français est une biographie orale, un genre tellement tombé en désuétude que l’auteur juge utile d’inclure une page d’explication. Le livre se compose d’interviews et de témoignages, mis bout-à-bout dans un style documentaire, cherchant à retracer une histoire, ici celle d’un individu aussi atypique que charismatique: Buster Landru « Rant » Casey.

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Anita Blake ou le graal de la bit-lit

On prononce comment bit-lit ?

Il y a cinq ans, quand une jeune fille plus ou moins en fleur voulait se faire rêver, on la dirigeait vers la « girl-lit ». Ah, le bon vieux temps, les heures de gloire de Bridget Jones et autres Accro du Shopping… Seulement Twilight et ses vampire aseptisés sont passés par là, ramenant le mythe sempiternelle du vampire sur le devant de la scène. Désormais ce qu’on demande à notre libraire avec le rouge de la honte aux joues c’est le rayon « bit-lit ».
Le problème quand on a dépassé la puberté depuis un certain temps et que pour nous le seul et unique Justin de notre coeur s’appelle Timberlake, c’est que le vampire doux, gentil et surtout sexuellement et sanguinairement abstinent, ça ne nous fait plus beaucoup fantasmer. On veut du sang, on veut du bel éphèbe ténébreux et surtout un semblant de scénario pour pouvoir dire à nos copines « mais noooon tu peux pas test, y a une vraie histoire vachement sympa et vachement poussée derrière tout ça ! ».
Et alors que nous errions sans but entre les trop lisses Cullen ou le trop démodé Dracula, nos prières furent entendues : Milady, succursale de la maison d’édition Bragelonne, bien connue des amateurs de Fantasy, a décidé de faire de la fameuse bit-lit leur fond de commerce. Read the rest of this entry »